Analyse de la santé économique de la France
Dans un environnement économique incertain, disposer d’un indicateur fiable pour évaluer la santé économique de la France est devenu essentiel, que l’on soit investisseur, analyste ou développeur de solutions de trading. Les indices traditionnels comme l’ISM (Institute for Supply Management) américain sont souvent utilisés comme baromètres avancés du cycle économique, mais ils reposent sur des enquêtes qualitatives, parfois biaisées ou difficiles à transposer à l’économie française.
Les Objectifs de la création de cet indicateur économique
Nous avons construit un indicateur macro-économique pour analyser la santé économique de la France. Dans cet article, nous vous proposons une approche différente : la construction d’un indicateur macroéconomique synthétique, inspiré de la logique de l’ISM, mais basé exclusivement sur des données réelles issues de sources reconnues comme FRED et l’OCDE. Grâce à un script Python complet, nous combinons production industrielle, chômage, inflation, consommation et confiance des ménages pour créer un indice robuste, normalisé et exploitable en analyse quantitative.
Au-delà de la simple construction technique, cet indicateur permet d’obtenir une lecture claire du cycle économique français : phases d’expansion, ralentissement, contraction ou reprise. Il offre également des outils avancés comme le calcul du momentum et une estimation probabiliste du risque de récession, particulièrement utiles pour anticiper les retournements de marché.
L’objectif est double : proposer un outil "open" et transparent, reproductible par tous, et fournir une grille de lecture pertinente pour interpréter la dynamique économique actuelle de la France. Ce type d’indicateur constitue une base solide pour le développement de stratégies d’investissement, de modèles macro quantitatifs ou encore d’outils de trading algorithmique.
Voici le résultat graphique de l'exécution de notre indice macro-économique :
| Indice Macro-économique ISM France |
L'exécution de ce script peut se faire à l'aide de l'Interpréteur de Scripts Python.
Détails de la création de cet indicateur macro-économique
Si vous souhaitez entrer dans les détails de construction de cet indice macro-économique en Pyhon :
Construire un indicateur macro-économique avancé en Python avec la FRED
Le Code Source en Python
Voici le code source de ce script Python sur le site de la Plateforme :
Code Python - Indice ISM France
Maintenant nous pouvons passer à l'analyse du graphique.
Analyse macro-économique de la France entre les années 2000 et 2024
Vue d'ensemble du score ISM
Le score lissé oscille majoritairement en zone neutre à légèrement négative sur toute la période, ce qui traduit une économie française structurellement peu dynamique, avec des phases d'expansion courtes et des contractions récurrentes.
La France n'atteint presque jamais la zone "forte expansion" (au-dessus de +1), contrairement à ce qu'on observerait sur un indice US équivalent.
Les grandes phases identifiées
2001–2003 - Contraction modérée
Impact de l'éclatement de la bulle dot-com et du ralentissement mondial post-11 septembre. Le score passe en territoire négatif mais reste au-dessus de -1 : la France amortit le choc grâce à ses stabilisateurs automatiques.
2004–2007 - Expansion timide
Phase de reprise, le score remonte en zone neutre à légèrement positive. Jamais de forte expansion : la croissance française de cette période (+2% environ) est réelle mais insuffisante pour passer le seuil +0.4 durablement.
2008–2009 - Forte contraction
Le choc de la Grande Crise Financière est clairement visible - le score plonge vers -1 et en dessous. C'est l'une des deux seules fois sur la période où la France entre en "forte contraction".
2010–2011 - Rebond court
Rebond post-GCF rapide mais superficiel. Le score repasse en zone neutre, puis rechute dès 2011 avec la crise des dettes souveraines européennes.
2012–2019 - Stagnation chronique
C'est la signature économique de la France sur cette décennie : le score tourne autour de 0, oscillant entre contraction légère et neutralité. Pas de dynamisme, pas d'effondrement. La probabilité de récession reste élevée (~50–60%) sur quasiment toute la période - ce qui reflète bien la croissance molle de 1 à 1,5% par an.
2020 - Choc COVID
La plus grande contraction visible sur le graphique. Le score s'effondre brutalement sous -1 (forte contraction), avec un pic de probabilité de récession à ~90%. Le momentum montre la barre rouge la plus prononcée de toute la série. C'est le choc le plus violent enregistré, bien plus marqué que 2008.
2021 - Rebond post-COVID
Rebond tout aussi brutal en sens inverse, porté par la réouverture et les plans de relance. Le score remonte rapidement, le momentum affiche ses plus hautes barres vertes. Mais le retour en "forte expansion" est de très courte durée.
2022–2024 - Retour à la stagnation / contraction
Le score redescend progressivement. L'inflation post-COVID pèse (composante CPI inversée qui tire le score vers le bas), la consommation ralentit, et la confiance consommateur se dégrade. Le score lissé fin 2023 – début 2024 repasse en zone de contraction légère. La probabilité de récession remonte vers 50–60%.
Points d'attention spécifiques
La probabilité de récession est préoccupante : elle n'est jamais descendue durablement sous 25–30% sur l'ensemble de la période, même pendant les meilleures années. Cela signifie que le modèle perçoit la France comme une économie structurellement fragile, toujours à mi-chemin entre croissance et contraction.
Le momentum fin 2023 – 2024 est légèrement négatif, ce qui suggère que la dynamique se dégrade lentement - cohérent avec les révisions à la baisse des prévisions de croissance françaises sur cette période.
La contribution par composante (panneau bas) montre que c'est la confiance consommateur et le chômage qui tirent le score dans un sens ou l'autre sur les 36 derniers mois, tandis que la production industrielle contribue peu - ce qui confirme la tertiarisation de l'économie française.
Conclusion
L'économie française apparaît sur ce graphique comme une économie de "stagnation confortable" : suffisamment soutenue par l'État et les transferts sociaux pour éviter les grandes récessions, mais structurellement incapable de générer une dynamique de forte expansion durable.
Le signal actuel (fin 2023 – début 2024) pointe vers une contraction légère avec un risque de récession autour de 50%, ce qui est cohérent avec les données réelles publiées sur cette période.
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